ORAN – Le géant automobile Stellantis a officiellement annoncé une accélération majeure de la cadence de production de son usine Fiat située à Tafraoui. Avec un objectif de 90 000 véhicules par an d’ici la fin de l’année 2026, le groupe confirme sa volonté de faire de l’Algérie un pôle industriel stratégique pour la région.
L’heure est à la montée en puissance pour l’usine Fiat de Tafraoui (Wilaya d’Oran). Après un démarrage réussi fin 2023, le directeur général de Stellantis Algérie, M. Raoui Beji, a dressé ce vendredi un bilan très positif de l’activité industrielle, confirmant que le cap des 80 000 véhicules produits a été franchi depuis l’inauguration du site.
Une accélération spectaculaire
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que l’année 2024 s’était conclue avec 18 000 unités assemblées, la production a bondi pour atteindre les 50 000 véhicules en septembre 2025. Ces six derniers mois, l’usine a encore accéléré avec l’ajout de 30 000 véhicules supplémentaires, portant le total à 80 000.
Cette accélération n’est que la première étape. Stellantis maintient son cap ambitieux de 90 000 unités annuelles d’ici la fin 2026. Pour soutenir ce rythme, le site a bénéficié d’extensions majeures, notamment pour intégrer des ateliers de peinture et de soudure robotisés, essentiels pour passer du simple assemblage à une fabrication plus intégrée (mode CKD).
La « Grande Panda », nouveau fer de lance
Le changement de braquet se traduit aussi par un renouvellement de la gamme. L’emblématique Fiat 500 Hybrid, qui a marqué le lancement de l’usine, a officiellement cédé sa place sur les lignes de montage à la fin de l’année dernière.
Le nouveau modèle phare est désormais la Fiat Grande Panda. Décrit comme le premier modèle véritablement fabriqué en mode « CKD » en Algérie, ce véhicule compact est au cœur de la stratégie de Stellantis pour répondre à la demande locale. En parallèle, le Fiat Doblo, dans ses versions utilitaire et vitrée, continue de soutenir la cadence avec un objectif de production quotidien de 250 unités.
Un écosystème en plein essor
Au-delà de l’assemblage, l’enjeu reste l’intégration locale. Stellantis vise un taux d’intégration de plus de 30 % d’ici fin 2026, soit deux ans avant les échéances réglementaires. Ce projet s’accompagne de la signature de nombreux partenariats avec des équipementiers locaux (sièges, échappements, composants plastiques).
Sur le plan social, cette accélération profite directement à l’emploi local. Le groupe compte désormais près de 2 000 employés directs à Tafraoui, contribuant à la création de milliers d’emplois indirects au sein du réseau de sous-traitance en cours de structuration.
Avec ces investissements massifs (plus de 200 millions d’euros), Stellantis ne cache plus ses ambitions : transformer l’usine d’Oran en un hub capable, à terme, d’exporter vers les marchés voisins d’Afrique et du Moyen-Orient.
